À propos de l’œuvre
Dans C’est l’extase, le murmure commence au piano. Une mélodie se détache au-dessus des doubles croches, puis la voix entre presque à mi-phrase. Fauré garde un mouvement à trois temps et demande Adagio non troppo : la lenteur laisse respirer les mots, sans immobiliser l’accompagnement.
Le poème de Verlaine passe des frissons des bois au bruit de l’herbe et de l’eau, avant de reconnaître dans cette plainte celle de deux êtres. Le chant reste proche de la parole, avec des notes répétées et de petites inflexions. Pour le travailler, dites d’abord les vers dans la pulsation : les consonnes doivent rendre le texte intelligible sans interrompre la ligne.
Trois plans à faire entendre
Au piano, distinguez la basse, les doubles croches et les notes longues qui portent une seconde mélodie. Jouez cette dernière seule, puis ajoutez le mouvement intérieur plus doucement. Les silences minuscules de l’accompagnement lui donnent de l’air ; une pédale trop généreuse les efface. Lorsque la voix rejoint le piano, écoutez laquelle des deux lignes avance et laissez-lui la place.
Les indications dolcissimo, sempre dolce et espressivo demandent une présence souple. À la dernière strophe, « La mienne, dis, et la tienne », le paysage devient une confidence. Gardez cette adresse dans la voix jusqu’aux derniers mots, « tout bas », plutôt que de ralentir chaque fin de vers.
À propos de cette édition
Formation : voix et piano, texte original français.
À télécharger : PDF imprimable et MIDI d’écoute.
Source et droits : gravure OpenScore Lieder sous CC0 1.0, d’après l’édition Hamelle de 1891. La musique de Fauré et le poème de Paul Verlaine sont dans le domaine public.