Première page de la partition En sourdine, op. 58 no 2

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En sourdine, op. 58 no 2

À propos de l’œuvre

En sourdine commence dans une lumière retenue : le piano déroule un mouvement continu pendant que la voix entre dolce, presque comme si le poème de Verlaine se formait au milieu des branches. Fauré ne maintient pourtant pas toute la mélodie dans un murmure uniforme. Les phrases s’élargissent, atteignent plusieurs sommets, puis se retirent jusqu’au dolcissimo. Ce jeu de flux et de reflux donne sa respiration à la pièce.

L’Andante moderato, à la noire autour de 63, demande davantage de continuité que de lenteur. Au piano, les doubles croches doivent rester souples et liées sans devenir une nappe indistincte. Travaillez d’abord leur direction harmonique avec peu de pédale, puis ajoutez les changements de couleur. Pour la voix, les longues voyelles portent la ligne ; les consonnes doivent préciser le texte sans interrompre le legato.

Construire les contrastes sans rompre le calme

Les indications vont du pp au forte, mais le caractère ne devient jamais théâtral. Les crescendos naissent du mouvement du vers et de l’harmonie, notamment lorsque les âmes, les cœurs et les sens se mêlent. Gardez donc une réserve sonore pour les poussées, puis laissez le timbre se simplifier lorsque le soir tombe. Le rossignol final n’est pas un effet ajouté : il recueille le désespoir déjà présent dans les dernières lignes.

À propos de cette édition

Formation : voix et piano.

À télécharger : PDF imprimable et MIDI d’écoute.

Source et droits : gravure OpenScore Lieder sous CC0 1.0, d’après une édition conservée par IMSLP. La musique de Fauré et le poème de Paul Verlaine sont dans le domaine public.