À propos de l’œuvre
Une barque avance sans hâte, mais l’eau n’est jamais immobile. Dans cette sixième Romance sans paroles de l’opus 19, Mendelssohn reprend le caractère d’une chanson de gondolier vénitien : la mesure composée balance, la basse dessine le mouvement de la rame et la mélodie doit rester libre au-dessus de cette mécanique discrète. Le climat sombre de sol mineur ne demande ni lourdeur ni pathos ajouté.
Au piano, la difficulté essentielle tient aux plans sonores. L’accompagnement répète son dessin avec régularité ; s’il passe au premier plan, la gondole devient moteur. Isolez donc la ligne chantée, puis rejouez la basse seule en sentant deux grandes pulsations par mesure. Réunissez les deux en gardant une main souple et une pédale changée avec l’harmonie, assez généreuse pour lier, assez nette pour ne pas brouiller les retards.
Les reprises de phrase gagnent à être légèrement différenciées : un départ plus intérieur, une tension qui s’élargit, puis un retrait. Évitez cependant de ralentir chaque fin de motif. Le mouvement vient de la continuité du balancement ; le chant peut respirer à l’intérieur de cette stabilité. C’est ce contraste, davantage que le volume, qui donne à la pièce son caractère nocturne.
Ce que contiennent les fichiers
- la Romance sans paroles op. 19 n°6 pour piano seul ;
- une partition PDF de 2 pages ;
- un fichier MIDI de travail.
Le document porte sur cette romance seule, non sur l’ensemble du cahier op. 19.