À propos de l’œuvre
Ce Rondo. Allegro scherzando termine le Concerto pour piano no 1 en do majeur, mais le numéro de l’œuvre masque une histoire moins simple. Beethoven avait commencé le concerto en si bémol que nous appelons aujourd’hui no 2 avant celui-ci ; le concerto en do a reçu le no 1 parce qu’il a été publié le premier. Le Beethoven-Haus situe les premières esquisses en 1793, une première rédaction complète à la fin de 1794 ou au début de 1795, puis plusieurs révisions jusqu’en 1801. Selon le témoignage de Franz Gerhard Wegeler, Beethoven achevait encore ce rondo deux jours avant la probable création du 29 mars 1795, tandis que des copistes emportaient les feuillets au fur et à mesure.
Le mouvement commence pourtant sans emphase historique : le piano, seul, lance un refrain vif fait de notes répétées, de petits sauts et d’accents qui déplacent sans cesse l’appui. L’orchestre ne se contente pas de reprendre ce thème. À chaque retour, il en change l’éclairage, distribue ses fragments entre les cordes et les vents ou prépare le retour complet par une cellule déjà reconnaissable. Cette manière d’annoncer le refrain avant de le restituer donne au rondo sa continuité et son humour, bien davantage qu’une simple alternance entre un couplet et un refrain.
Les épisodes élargissent progressivement le registre du soliste : traits en doubles croches, octaves, accords répétés et passages où le piano accompagne brièvement les réponses des bois. Le conducteur permet de suivre les flûtes, hautbois, clarinettes, bassons, cors, trompettes et timbales autour des cordes. L’intérêt se trouve souvent dans un relais très court ou dans une attaque placée à contretemps ; si le soliste joue tout au premier plan, le dialogue disparaît. Pour travailler le mouvement, mieux vaut fixer d’abord les accents, les fins de trait et les respirations communes, puis seulement chercher la vitesse.
La fin concentre l’esprit de surprise de Beethoven. Après une longue montée de virtuosité, le piano atteint plusieurs points d’orgue et une brève cadence. La dernière page interrompt alors le mouvement par un Adagio inattendu : l’orchestre suspend le temps, comme si une conclusion solennelle allait commencer. Le Tempo I revient presque aussitôt, les notes répétées repartent et le tutti ferme l’œuvre en quelques mesures franches. Ce faux ralentissement n’est pas un ornement comique ajouté de l’extérieur ; il résume la logique du finale, qui transforme sans cesse l’attente de l’auditeur avant de retrouver son élan.
À propos de cette édition
Document : Le document compte 28 pages au format PDF. Aucun fichier MIDI n’est actuellement associé à cette ancienne fiche. Ce conducteur isole le troisième mouvement. La gravure porte seulement Rondo. Allegro en tête, tandis que le catalogue du Beethoven-Haus donne l’indication complète Rondo. Allegro scherzando ; la dernière page contient bien la suspension Adagio, la cadence et le retour Tempo I décrits dans la notice.
La fiche historique marque l’œuvre et le fichier comme relevant du domaine public, mais ne documente ni l’éditeur ni la provenance exacte de cet exemplaire. Le fichier conservé par LesPartitions.info peut être comparé au catalogue de référence. Après cette vérification, LesPartitions.info distingue ici les faits établis des informations encore incomplètes.